L’action climatique donne la possibilité de préserver les acquis du développement et d’accompagner le Sénégal dans la transformation ambitieuse qu’il entreprend pour atteindre son objectif de devenir un pays à revenu intermédiaire au cours de la prochaine décennie. Alors que le pays figurait parmi les économies qui affichent la croissance la plus rapide en Afrique subsaharienne, la réduction de la pauvreté a été lente, les vulnérabilités perdurent et les inégalités se sont creusées. En outre, la productivité globale est restée atone, caractérisée par des transformations structurelles à la traîne, un niveau élevé d’informalité et une faible création d’emplois. En vue d’atteindre son objectif de devenir un pays à revenu intermédiaire, le Sénégal doit mettre sur les rails un train de réformes pour parvenir à un modèle de croissance productive, durable et inclusive centré sur les considérations d’ordre climatique, eu égard à sa grande vulnérabilité.
La grande vulnérabilité climatique du Sénégal est due à l’exposition induite par sa façade maritime et à la dépendance du pays à l’égard des ressources naturelles pour l’alimentation, l’emploi et la croissance (ce qui constitue en partie une conséquence de la lenteur de sa transformation structurelle). Avec la forte augmentation des températures, la baisse attendue des précipitations et l’érosion qui menace à terme 75 % des côtes, la population et les biens du Sénégal sont fortement menacés. Les couches les plus pauvres de la population sont particulièrement vulnérables, 55 % des ménages étant au bord de la pauvreté du fait de chocs récurrents. Si rien n’est fait, les pertes économiques annuelles pourraient atteindre 3 % à 4 % du produit intérieur brut (PIB) dès 2030 et 9,4 % d’ici à 2050, effaçant des années de croissance du revenu par habitant et sapant toute accumulation potentielle de capital humain. Globalement, le changement climatique pourrait faire basculer plus de 2 millions de Sénégalais dans la pauvreté d’ici le milieu du siècle. Le renforcement de la résilience et la mise à contribution de l’économie à faibles émissions de carbone aideront le Sénégal à réaliser ses ambitions de croissance, contribuant ainsi à une trajectoire de développement plus productive, durable et inclusive. L’analyse macroéconomique effectuée aux fins du présent Rapport national sur le climat et le développement (CCDR) montre que les mesures d’adaptation prises dans certains secteurs pourraient entraîner des gains de PIB d’environ 2 % d’ici à 2030, et de 0,5 % à 1 % par la suite (pour les besoins du financement climatique, ces gains pourraient être d’environ 0,9 % du PIB d’ici à 2030 et de 0,1 % par la suite). L’adaptation pourrait aussi réduire la pauvreté, avec 45 % de personnes en moins poussées dans la pauvreté sous l’effet du changement climatique, faute de mesures d’adaptation. En outre, les émissions pourraient être réduites de 20 millions de tonnes d’équivalent dioxyde de carbone (CO2) par an d’ici à 2050, grâce à des interventions dans la foresterie, l’amélioration des services de cuisson, les transports urbains, la gestion des déchets et la production d’énergie.

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