La Contribution Déterminée au niveau National (CDN) du Sénégal s’inscrit dans le cadre de la vision prospective, « Plan Sénégal Émergent (PSE) », de sa stratégie et des plans de développement ainsi que des programmes sectoriels de gestion durable de ses ressources naturelles et environnementales. La CDN reprend les acquis de la CPDN. La CPDN, du Sénégal a été élaborée par une équipe de consultants locaux sous l’encadrement de la Direction de l ’Environnement et des Établissements Classés (DEEC) du Ministère de l’Environnement et du Développement Durable, en collaboration avec le Comité National sur les Changements Climatiques (COMNACC).
Un atelier national tenu le 14 septembre 2015, et présidé par le Ministre de l’Environnement et du développement
durable, a permis de valider la CPDN, avec des engagements précis de réduction des émissions de Gaz à effet de serre (GES), par rapport aux émissions projetées, à l’horizon 2035. La CPDN a été adoptée en conseil des ministres le 16 septembre 2015.
En 2016, le Sénégal s’est lancé dans le processus de mise à jour de sa CPDN pour en faire une CDN qui constitue l’engagement du pays dans le cadre de l’accord de Paris. Cette transition répond principalement à des impératifs de réactualisation des données (sectorielles, macro-économiques, démographiques etc.) utilisées lors de l’élaboration de la CPDN, mais également à la nécessité de prendre en charge des composantes essentielles telles que la Mesure, la Notification et la Vérification (MNV), les besoins en renforcement de capacités et en transfert de technologie, essentiels pour une bonne mise en œuvre de la CDN ainsi que l’intégration des émissions issues de l’industrie pétrolière et gazière dont le début de production est prévu en 2022.
Aussi, une évaluation rigoureuse de la situation environnementale a permis d’identifier : –
les secteurs d’émissions de gaz à effet de serre : le transport, les déchets, l’énergie, l’industrie, la foresterie et l’agriculture ; – les domaines sensibles portant de façon prioritaire les activités d’adaptation et de maîtrise des impacts du changement climatique : l’érosion côtière, l’agriculture, la pêche, l’élevage, la santé, la biodiversité et les inondations.
Dans les deux composantes de cette CDN, deux objectifs sont fixés : – –
un objectif inconditionnel, consistant à la réalisation des activités avec les moyens nationaux (État, collectivités locales, secteur privé, ONG, etc.), et un objectif conditionnel qui sera atteint avec le soutien de la communauté internationale.
Ces objectifs ont été déterminés et fixés pour chacun des secteurs et une agrégation de ces objectifs permet d’apprécier l’impact sur les émissions globales du pays. Ceci se traduit par une réduction relative des émissions de gaz à effet de serre de 5% et 7% respectivement, aux horizons 2025 et 2030, par rapport à la situation de référence (Business as usual) pour l’objectif inconditionnel (CDN). Cette réduction pourra être portée à 23% et 29% respectivement, aux horizons 2025 et 2030, par rapport à la situation de référence, si le Sénégal bénéficie du soutien de la communauté internationale avec des financements conséquents, la facilitation du transfert de technologies écologiquement rationnelles et du renforcement de ses capacités institutionnelles et humaines, dans le domaine du changement climatique (CDN+).
En 2010, les émissions globales s’établissaient à 16 752 Gg de C02 équivalent. Elles vont connaitre une progression régulière, pour atteindre 37 761 Gg, en 2030.
Plusieurs études réalisées au Sénégal renseignent sur les conséquences du changement climatique. Les impacts observés montrent une tendance à la baisse de la pluviométrie, une hausse des températures moyennes, une élévation du niveau de la mer, des perturbations sur la disponibilité des espaces cultivables, des ressources hydrauliques et halieutiques. Elles traduisent une grande vulnérabilité des écosystèmes du Sénégal, nécessitant un recours à des actions précises d’atténuation et d’adaptation face aux perspectives climatiques futures, afin d’en maîtriser les impacts potentiels, notamment en termes socio-économiques sur les 60% de la population dont la subsistance dépend directement de ces ressources.
Sur les risques climatiques projetés, leurs impacts potentiels ainsi que les vulnérabilités induites, les modèles montrent globalement une prédominance des risques de sécheresses, des vagues de chaleur et une recrudescence des événements humides extrêmes. L’occurrence de ces risques expose différemment les régions du Sénégal.
Les régions les plus affectées par l’augmentation du risque de sécheresse extrême sont situées au nord du Sénégal, la région de Saint Louis montrant le risque le plus intense, pour une augmentation de la fréquence des sécheresses comprises entre 20 et 30%.
La fréquence des événements humides extrêmes est plus importante dans le scénario de faible réchauffement et cela, principalement, pour les zones situées au nord et à l’est du Sénégal (Matam, Tambacounda, Louga).
La mise en œuvre de la Contribution du Sénégal est estimée à un coût de 13 milliards de dollars US dont: 8,7 milliards dédiés à l’atténuation avec 3,4 milliards dollars US, en inconditionnel, et 5,3 milliards US en conditionnel ; et 4,3 milliards US pour l’adaptation, dont 1,4 milliards US d’inconditionnel et 2,9 milliards US de conditionnel.
Le total inconditionnel et conditionnel s’élèvent à respectivement 4,8 milliards dollars US et 8,2 milliards dollars US.
Elle nécessitera d’importants moyens financiers, humains et technologiques de la part du Sénégal, mais aussi de l’appui de la communauté internationale, afin de permettre des réductions encore plus significatives d’émissions de GES et une résilience aux changements climatiques.
Des simulations ont permis d’évaluer les impacts et les retombées socio-économiques escomptées de ces mesures.
Bien qu’intervenant directement sur les secteurs cités précédemment, ces mesures constituent un levier d’amélioration de la situation économique nationale, de la santé publique, de la gestion des problèmes liés à l’urbanisation etc.
Le lien pour plus de détails
https://ccgdt.enasites.com/wp-content/uploads/2026/04/CDNSenegal-approuvee-pdf-.pdf
